Dépistage du cancer du col de l'utérus : vers une révolution ?

Pr Didier RIETHMULLER - CHU de BESANCON
Le cancer du col de l'utérus est le prototype du cancer évitable. A ce jour, il est le seul exemple de cancer humain strictement viro-induit. La prévention secondaire est basée depuis la fin des années 50 du siècle sur le dépistage des anomalies cytologiques pré-invasives de cellules prélevées par frottis cervico-utérin. Cette méthode de prévention a fait diminuer de façon très significative l'incidence du cancer du col dans tous les pays qui ont mis en place cette prévention. Toutefois, depuis la fin des années 1970, la courbe d'incidence tend vers un plateau exprimant bien les limites de la méthode. En effet, la cytologie cervico-utérine a une sensibilité limitée laissant place au douloureux problème des faux-négatifs chez des femmes qui pourtant se soumettent au dépistage.
Actuellement, la maladie viro-induite qu'est le cancer du col peut bénéficier d'un dépistage virologique en première ligne avec une sensibilité bien supérieure à la cytologie cervico-utérine et surtout une quasi-parfaite valeur prédictive négative, ce qui permet :

  • aux praticiens de se réapproprier le pouvoir de rassurer (car les faux-négatifs sont presque inexistants),
  • d'espacer en toute sécurité l'espace-temps entre deux dépistages, ce qui a pour conséquence d'une part de faciliter l'organisation du dépistage et d'autre part de diminuer le coût global en diminuant le nombre de prélèvements vie-femme.

L'avenir de la prévention du cancer du col est donc bien sûr lié au vaccin qui permet une drastique réduction du risque et à la biologie moléculaire qui devrait en synergie sur une couverture large de la population cible, faire en sorte que ce cancer devienne presque "anecdotique".